vendredi 15 juin 2012

Les secrets de Ribéry pour retrouver la motivation


La belle histoire de Franck Ribéry semblait s'être arrêtée en 2009, plus de frémissement des filets, des doutes qui le rongent peu à peu, des faits divers qui s'empilent et le souvenir désastreux d'un Mondial-2010 qui l'a fait passer aux yeux du monde pour un chef de bande, et qui lui a valu une suspension de trois matches en équipe de France. 



L'amour du public des débuts s'est alors progressivement transformé en critiques constantes. "Ces derniers temps en équipe de France, je n'étais pas décontracté, pas relâché, toujours critiqué, a-t-il reconnu. A un moment donné, tu te demandes ce que tu dois faire. Cela devenait pesant de devoir se répéter …". 



Le feu-follet du Mondial 2006 est un écorché vif et les bleus à l’âme se sont rapidement transformés en blessures à répétition.


Puis cette saison, le « rabibochage » est devenu un peu plus évident chaque jour. Réconciliation avec son corps, puis réconciliation avec ses adorateurs du Bayern.  « Kaizer Franck » retrouve cette année ses meilleurs statistiques, avec 18 buts et 19 passes, et a permis à son club de se hisser en finale de la Ligue des Champions. 


Matchs de préparation de l’euro 2012?



D’abord  contre l'Islande à Valenciennes puis à Reims contre la Serbie Ribery s’est évertué à raviver la flamme. Travailleur, disponible, à gauche ou à droite selon le positionnement de Samir Nasri, le Munichois n'a connu aucune baisse de régime. Il marque son 9e but en équipe de France avant de sortir à l’heure de jeu sous les acclamations du public.


« Hier, j'étais vraiment libéré, très heureux, très content, avait-il assuré. Mais ça ne me surprend pas parce que ce que j'ai fait hier, je l'ai fait pendant toute une année avec le Bayern et je n'arrivais pas à le refaire avec l'équipe de France, je ne comprends pas pourquoi. J'espère que cette fois-ci, c'est reparti… » 


L’avis de votre expert en motivation :

Le Focus :

L’enchaînement d’évènements négatifs a peu à peu entrainé Franck à focaliser son esprit, ses réflexions et finalement son énergie sur des projets négatifs. Passant plus de temps à se justifier qu’à penser à la stratégie de jeu, à sa technique et surtout à prendre du plaisir. Naturellement sa motivation c’est diluée.


Les neurosciences ont démontré depuis une quarantaine d’années que plus de 90% de nos décisions et de nos actions sont issues de schémas réflexes et très rapides. Autrement dit la grande majorité de nos actions sont réalisées sans y penser et souvent nous regrettons nos gestes, paroles ou choix. 


Notre cerveau réagit aux images mentales qui l’imprègnent. Plus nous pensons à quelques choses plus nous nous en faisons une image précise, plus nous associons à cette pensée une émotion intense et plus son impact sur nos décisions est conséquent.


La clé est « Nous sommes ce à quoi nous pensons ». Si nous portons notre attention sur des choses négatives, des problèmes, des accidents ou des échecs nous finissons par programmer notre cerveau à prendre des décisions, parler et agir pour vivre des échecs et de la frustration.

Créer un environnement positif

Il est facile ici de voir l’impact de l’environnement sur le mental d’un champion. Mais pour nous aussi les journaux, la télévision, la radio et parfois l’entourage nous incitent à regarder ce qui ne va pas. Une étude a montré qu’au journal de 20h il y a 16 nouvelles négatives sont diffusées contre 1 positive. Une autre réalisée au Canada a démontré qu’un adulte qui travail reçoit autour de 3000 critiques, messages négatifs ou rabaissant par semaine !!!


L’être humain est un animal social. C’est pratiquement le seul qui a besoin qu’on l’aide aussi longtemps avant d’être autonome dans la vie. Même adulte, l’influence de l’environnement affectif est un schéma ancré profondément et reste très important quoi qu’on en dise.


La clé est de reprendre le contrôle de votre environnement. Entourez-vous de gens positif et encourageant. Fuyez les casseurs de rêve, les gens blasés et méprisant. Ecoutez les critiques si vous êtes capable de faire abstraction de la forme ou choisissez des gens qui sont capable de le faire avec respect et empathie à votre égard. Faite régulièrement une diète d’information. Si vous avez besoin d’encouragement et de félicitation donnez en le plus possible autour de vous. Pensez également à remercier chaleureusement ceux qui vous soutiennent et vous fond du bien.

Le temps du deuil 

Après le mondial désastreux d’Afrique du Sud Franck a mis plus de 18 mois pour revenir à son meilleur niveau et retrouver son état d’esprit conquérant. Dans notre société actuelle nous avons l’habitude de zapper et passer rapidement à autre chose. Mais notre corps et notre cerveau ont un fonctionnement biologique et psychologique qui n’arrive pas à suivre. Notre esprit comme notre corps a besoin (principalement) de temps  pour guérir de traumatisme. Quand nous voulons reprendre trop vite nous rechutons plus fort.


La « réussite » d’un deuil est souvent associée au lâcher prise. Je pense qu’ici Franck a renoncé à se justifier et a être adoré par le public. Il a pu ainsi se concentrer sur ses fondamentaux de joueur de foot et passer plus de temps à analyser ses statistiques que les critiques.


Bon succès


Nicolas


Recommandez cet article à vos amis et laissez un commentaire ici :

2 commentaires:

  1. au vu de la prestation de Ribery à l'Euro 2012, il semble qu'il ai privilégié le MOI JE plutôt que le NOUS NOUS...
    Il s'est peut-être reconstruit personnellement, mais on ne peut pas parler de véritable talent à jouer en équipe...
    La prochaine fois, peut-être...
    DH

    RépondreSupprimer
  2. Ton analyse de Ribéry est bonne mais la tienne? Que vas tu faire de cet article ?
    Un des pièges qui démobilise une équipe c'est quand chacun commence par analyser les autres avant d'être capable de prendre des décisions pour soi meme... A méditer

    RépondreSupprimer

Pour une réponse personnalisée de vos commentaires, laissez votre prénom et votre adresse mail.
Dans l'onglet Commentaire, sélectionnez Nom/URL.
Nicolas